Entrevue avec Antonio Fischetti, employé de Charlie Hebdo
Tous les mercredis, Antonio Fischetti assistait à la réunion de la rédaction de Charlie Hebdo. Cette semaine, il en était absent, parce qu'il enterrait une vieille tante en province. Et c'est probablement ce qui lui vaut d'être encore en vie.
Celui qui est chroniqueur depuis 15 ans à Charlie Hebdo a appris au sortir de la cérémonie la mort de ses collègues et amis.
Il a accordé plusieurs entrevues au cours de la journée pour témoigner de son choc, mais aussi de la vie au sein du magazine. Depuis la publication de caricatures du prophète Mahomet en 2006, la rédaction faisait l'objet de menaces récurrentes.
Les locaux du magazine ont d'ailleurs été incendiés en 2011 suite à la publication d'un numéro spécial portant sur l'islam radical.
« Les menaces étaient assez communes, mais pas plus ces derniers temps que le reste du temps », selon M. Fischetti. La surveillance policière s'était d'ailleurs relâchée au cours des dernières semaines, dit-il.
« Il y a eu très longtemps une voiture de police devant les locaux », explique M. Fischetti. « Elle n'y était plus en permanence, elle faisait plutôt des rondes. Les tueurs ont dû repérer cela », croit-il.
Seul le directeur de la publication, le caricaturiste Charb, bénéficiait encore de la protection continuelle de deux gardes du corps. Au moins l'un d'entre eux est tombé sous les balles.
« On savait qu'il y avait un risque, mais on imaginait qu'il était beaucoup plus ciblé sur Charb, qui était plus médiatique. C'était le directeur, c'était un symbole. Mais imaginer qu'ils viennent pour tuer tout le monde, pour éradiquer totalement tout un journal, c'est ignoble. On ne s'y attendait pas. » — Antonio Fischetti, chroniqueur à Charlie Hebdo
« J'étais allée chercher ma fille à la garderie, en arrivant devant la porte de l'immeuble du journal deux hommes cagoulés et armés nous ont brutalement menacées. Ils voulaient entrer, monter. J'ai tapé le code. Ils ont tiré sur Wolinski, Cabu... ça a duré cinq minutes... Je m'étais réfugiée sous un bureau... Ils parlaient parfaitement le français... Se revendiquait d'Al-Qaïda ». (extrait du journal L'Humanité)
Quel avenir pour Charlie?
Questionné sur la survie du magazine, Antonio Fischetti se fait pessimiste, mais prêt à tout pour « ne pas donner raison » au terrorisme.
« Quand vous voyez des dessinateurs, qui sont des gens irremplaçables, comme Charb, comme Cabu, comme Tignous, qui sont l'âme, l'essence de cet hebdo, j'aurais tendance à dire que l'on ne peut pas continuer.
« Mais en même temps, j'ai envie de dire qu'il faut continuer d'une façon ou d'une autre pour répondre et dire à ces gens-là qu'ils n'auront pas raison de cette liberté d'expression que représente Charlie Hebdo.
« Ils ont voulu tuer Charlie, et ils ont voulu tuer la démocratie à travers Charlie, la liberté de parler à travers Charlie, c'est pour ça qu'il ne faut pas leur donner raison. » — Antonio Fischetti, chroniqueur à Charlie Hebdo
Le Monde, Radio France et France Télévisions appellent ainsi les médias à les rejoindre « pour préserver les principes d'indépendance et de liberté d'expression, garants de notre démocratie ».
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Un chroniqueur de Charlie Hebdo vivant parce qu’il assistait à des funérailles
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