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Arrêtée, la policière Stéfanie Trudeau subira une évaluation psychiatrique

Written By Unknown on Rabu, 20 Februari 2013 | 16.20

La policière Stéfanie Trudeau, mieux connue par son numéro de matricule, le 728, a été arrêtée dans la nuit de lundi à mardi à son domicile de Longueuil. Un policier aurait porté plainte contre elle.

Aucune accusation contre l'agente du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) n'a été déposée pour le moment, mais un dossier a été soumis. La policière devait comparaître mardi après-midi au palais de justice de Montréal pour des accusations de menaces, mais elle a finalement été rayée du rôle des comparutions.

Avant d'être remise en liberté, l'agente de 40 ans a signé un document stipulant qu'elle s'engage à garder la paix pendant un an et à ne pas approcher le policier du SPVM qui aurait porté plainte contre elle. Pendant un an, elle ne pourra pas rentrer dans un bureau du SPVM ou de la Fraternité des policiers, à moins d'être accompagnée par un avocat.

Le juge lui a aussi ordonné de se rendre au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS), où elle sera évaluée au cours des 15 prochains jours par le psychiatre Pierre Gagné. Ce dernier décidera si la policière est apte à recouvrer sa liberté totale.

Mme Trudeau s'est retrouvée au cœur d'une controverse en octobre dernier après avoir malmené trois hommes lors d'une intervention musclée à Montréal, dans un immeuble d'habitation de l'avenue Papineau. Après la diffusion d'images de cette arrestation par Radio-Canada, l'agente de avait été suspendue par le SPVM pour la durée d'une enquête interne.

Quelques mois plus tôt, en mai, la policière avait été filmée alors qu'elle poivrait sans préavis un groupe de manifestants étudiants. La vidéo avait fait le tour de la toile. Le SPVM l'avait alors retirée des manifestations, mais sans la suspendre.

L'arrestation de l'agente ne serait cependant pas liée à ces deux événements.

Bras de fer entre Radio-Canada et le SPVM

Un juge doit décider d'ici quelques jours si Radio-Canada devra donner au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) des copies d'enregistrements audio et vidéo faits lors de l'intervention musclée d'octobre dernier mettant en cause la policière Stéphanie Trudeau. Radio-Canada a remis une copie de ce qui a été diffusé en ondes, mais s'oppose à la requête de la police afin de protéger la liberté de presse.


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L'UPAC frappe à l'hôtel de ville de Montréal

L'Unité permanente anticorruption (UPAC) mène présentement une série de perquisitions sur le territoire de Montréal, dont une à l'hôtel de ville et une autre dans les locaux d'Union Montréal, ancien parti du maire Michael Applebaum et de l'ex-maire Gérald Tremblay.

Sept autres lieux font l'objet de perquisitions, dont les bureaux des arrondissements d'Anjou, de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, de Lachine, de Saint-Laurent, de Saint-Léonard et de Verdun.

Quelque 125 policiers prennent part à l'opération menée par le Service des enquêtes sur la corruption de l'UPAC, aussi appelé escouade Marteau.

Cette série de perquisitions porte sur du financement électoral illégal, selon notre journaliste d'Enquête Alain Gravel. Selon ses sources, les policiers ont rencontré et interrogé le maire Michael Appelbaum, l'ex-maire Gérald Tremblay, le maire de l'arrondissement de Lachine Claude Dauphin et l'ex-président du comité exécutif de la ville Frank Zampino.

Au total, 25 personnes auraient été rencontrées par les policiers, dont des fonctionnaires et des fournisseurs, des élus et des anciens élus.

Ces perquisitions ont lieu dans le cadre d'une enquête qui a été ouverte en 2010, a précisé la porte-parole de l'UPAC, Anne-Frédérick Laurence. « Ça concerne des allégations d'abus de confiance, de fraude et de fabrication de faux documents », a-t-elle ajouté.

Il ne devrait pas y avoir d'arrestations. Les policiers sont plutôt à la recherche de documents.

« J'ai fait une campagne propre », dit Applebaum

En soirée, le maire de Montréal a convoqué les journalistes pour préciser qu'il y avait eu des perquisitions dans différents bâtiments de la ville et que son administration collaborait avec les policiers.

« Je ne fais pas l'objet d'une enquête; je suis là pour collaborer », a-t-il dit, ajoutant avoir ouvert toutes les portes de l'hôtel ville aux enquêteurs.

Refusant de révéler les questions qui lui ont été posées par les policiers, afin de ne pas nuire à l'enquête, le maire s'est contenté de dire qu'il n'avait rien à se reprocher concernant la dernière campagne électorale, alors qu'il se présentait sous la bannière d'Union Montréal.

« Pour moi, j'ai fait une campagne propre. J'ai ramassé des fonds légalement. Je n'ai rien à me reprocher concernant le financement de ma campagne électorale. » — Michael Applebaum

L'hôtel de ville sera ouvert mercredi, a-t-il aussi dit.

Point de presse de Michael Applebaum

Union Montréal à la commission Charbonneau

Il a été question d'Union Montréal à plusieurs reprises depuis le début des audiences de la commission Charbonneau. Entre autres, le PDG de la société Genius, Michel Lalonde, a affirmé qu'il donnait une ristourne de 3 % au grand argentier du parti pour les contrats obtenus de la Ville de Montréal. Selon M. Lalonde, cette ristourne était destinée à la caisse électorale du parti en prévision de l'élection municipale de novembre 2009.

L'hôtel de ville évacué

Vers 16 h, des dizaines de policiers ont demandé à tous les employés de l'hôtel de ville d'évacuer les lieux.

Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a raconté qu'il avait un rendez-vous avec le maire lorsqu'on lui a demandé de quitter les lieux vers 16 h 15.

Dans le bureau du maire, les gardiens de sécurité l'ont informé que sa réunion avec Michael Applebaum n'avait plus lieu d'être. « Une minute après, on a eu l'ordre général sur les haut-parleurs de quitter l'immeuble », a témoigné M. Bergeron sur les ondes de RDI.

M. Bergeron dit ignorer la raison de la perquisition à l'hôtel de ville. « [L'UPAC] sait ce qu'elle cherche. Moi, je ne le sais pas », a-t-il dit.

« C'est du jamais vu », a dit pour sa part la chef de Vision Montréal, Louise Harel, qui est aussi ex-ministre des Affaires municipales du Québec.

Les frappes de l'UPAC

Créée par le gouvernement de Jean Charest en 2011 pour faire le grand ménage dans le milieu de la construction, l'Unité permanente anticorruption a procédé à des dizaines d'arrestations l'an dernier. Voici quelques-unes de ses actions en 2012 :


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Immigration française au Québec : rester ou partir?

Chaque année, 30 000 Français choisissent le Québec comme nouvelle terre d'accueil. Mais une fois établis, qu'est-ce qui les incite à demeurer dans la Belle Province ou à regagner le Vieux Continent?

On estime qu'au moins le quart des immigrants français repartent dans les premières années après leur arrivée. Plusieurs se fatiguent des tracasseries administratives de l'immigration, mais parmi ceux qui restent, 75 % ne regrettent rien, loin de là.


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Affaire Pistorius : un témoin a entendu des«crisininterrompus»

Un témoin affirme avoir entendu des « cris ininterrompus » avant les coups de feu tirés au domicile de l'athlète handicapé sud-africain Oscar Pistorius, accusé du meurtre prémédité de sa petite amie Reeva Steenkamp, le jour de la Saint-Valentin. 

Au deuxième jour d'audience sur la libération sous caution de l'accusé, le procureur Gerrie Nel a précisé mercredi matin que ce témoin avait entendu le sportif et l'ex-mannequin se disputer violemment entre 2 h et 3 h la nuit du drame.

Cette version des faits contredit celle de Pistorius, qui soutient que la soirée s'était bien déroulée et qu'ils s'étaient endormis après 22 h.

Me Gerrie Nel a déjà indiqué qu'il allait élaborer sur l'hypothèse que Reeva Steenkamp et Pistorius s'étaient battus avant qu'elle ne se réfugie dans la salle de bain. Le sportif aurait alors tiré quatre coups à travers la porte verrouillée, atteignant la victime de trois balles. 

La poursuite a annoncé que des minitions de pistolet de calibre 38 avaient été retrouvées à son domicile. Un enquêteur de police a indiqué qu'il souhaitait que de nouveaux chefs d'accusation soient prononcés contre l'athlète pour port d'armes illégal.

Le juge a affirmé que la défense devra fournir des arguments « exceptionnels » afin de permettre à l'athlète d'être libéré sous caution.

Le champion sud-africain est arrivé avec plus de deux heures d'avance au tribunal de Pretoria mercredi matin, alors qu'une centaine de journalistes venus du monde entier se disputaient le droit d'entrer dans la salle.

Par la voix de son avocat, l'athlète avait affirmé la veille qu'il avait tiré accidentellement sur sa conjointe, qu'il était « profondément amoureux » d'elle et qu'il n'avait eu aucune intention de la tuer. Il a dit avoir tiré à plusieurs reprises contre la porte des toilettes, pensant qu'un intrus avait réussi à pénétrer chez lui par la fenêtre de la salle de bain.

La poursuite a quant à elle retenu l'accusation de meurtre prémédité déposée contre lui, affirmant que le sportif avait tiré de sang-froid sur l'ex-mannequin de 29 ans.

« Blade Runner »

Oscar Pistorius, qui est amputé des deux jambes sous les genoux depuis l'enfance, a représenté son pays lors des derniers Jeux olympiques d'été. Il est devenu le premier athlète handicapé à participer à la fois aux Olympiques et aux Paralympiques.

L'athlète de 26 ans court à l'aide de deux prothèses de carbone, qui lui ont valu le surnom de « Blade Runner ». Il est champion paralympique en titre du 400 mètres et son histoire a inspiré de nombreux jeunes en Afrique du Sud, mais également dans le monde entier.


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Commission Charbonneau - Milioto dément tout lien d'affaire avec Rizzuto père

Written By Unknown on Selasa, 19 Februari 2013 | 16.20

L'ex-président de Mivela Constuction, Nicolo Milioto, dément formellement avoir entretenu des liens d'affaires avec Nicolo Rizzuto père. Le défunt patriarche du clan mafieux du même nom était « une bonne connaissance », avec lequel il jouait aux cartes et buvait du café au Consenza, mais sans plus, a-t-il dit lundi à la commission Charbonneau.

L'homme d'affaires, qui se dit à la retraite depuis un an, a confirmé qu'il a bel et bien remis de l'argent à Nicolo Rizzuto père au Consenza, mais affirme ne l'avoir fait que pour rendre service à Lino Zambito, l'ex-propriétaire d'Infrabec. Il ne s'est d'ailleurs jamais interrogé sur la nature de ces paiements, qu'il dit avoir effectué à peut-être cinq ou sept reprises entre 2001 et 2006.

Nicolo Milioto a reconnu plus précisément qu'il avait reçu de l'argent de Lino Zambito lors d'une fête de Noël tenue au Consenza en décembre 2005, un fait qu'il ne pouvait nier, puisque la transaction avait été filmée lors de l'opération Colisée.

L'entrepreneur a avancé que Lino Zambito devait peut-être de l'argent à Nicolo Rizzuto père parce qu'il avait de la difficulté à garder ses partenaires d'affaires. Il assure ne pas avoir fait d'autres « commissions » du genre pour d'autres entrepreneurs en construction.

Nicolo Milioto a aussi soutenu qu'il pouvait aussi remettre de l'argent à Antonino Borsellino pour le financement de l'Association Cattolica Eraclea, qu'il présidait.

Plus tôt cet automne, un enquêteur de la commission, Eric Vecchio, avait qualifié Nicolo Milioto d'« intermédiaire » entre le clan mafieux Rizutto et des entrepreneurs pratiquant la collusion à Montréal. L'entrepreneur avait été aperçu 236 fois au café Consenza lors de l'opération Colisée, avait-il noté.

Interrogé à ce sujet, Nicolo Milioto a admis qu'il s'arrêtait souvent au café Consenza. Il a cependant expliqué qu'il passait souvent dans le coin, pour aller chez son boucher et son pâtissier, situés tout près.

La procureure en chef Sonia Lebel a longtemps tenté de lui faire dire les noms d'autres personnes qui jouaient aux cartes avec lui au Consenza, mais le témoin s'y est refusé. « Ça fait longtemps, et je ne suis pas bon dans les noms », a-t-il argué, avant de laisser entendre qu'il ne servait à rien de donner des noms de personnes qui n'étaient pas liées aux travaux de la commission.

Des liens qui remontent à Cattolica Eraclea

L'ex-président de Mivela Construction avait affirmé plus tôt qu'il avait connu Nicolo Rizzuto père à Cattolica Eraclea, à l'âge de 10 ou 15 ans. Les deux hommes ont ensuite immigré au Canada chacun de leur côté, mais ne se sont revus que vers 1990, selon Nicolo Milioto, à l'occasion d'un mariage.

Nicolo Milioto soutient cependant qu'il n'a pas recroisé le patriarche du clan mafieux entre 1990 et 2000. Il n'a renoué avec lui qu'à partir du moment où il s'est mis à fréquenter le café Consenza, réputé être le quartier général du clan Rizzuto.

L'entrepreneur dit qu'à l'époque, il savait ce que les médias écrivaient sur Nicolo Rizzuto père, mais qu'il ne s'en souciait guère. Il ne savait pas quelles étaient ses sources de revenus. « Je ne suis pas son comptable, Madame », a-il répondu à la procureure Sonia Lebel qui l'interrogeait à ce sujet. « Pour moi, c'est un père de famille et c'est une bonne personne. »

Nicolo Milioto avait entrepris son témoignage en racontant qu'il était arrivé au Canada à l'âge de 18 ans. Il a commencé par travailler dans des manufactures, avant d'être embauché comme journalier chez Catcan, une entreprise de construction dirigée à l'époque par Tony et Frank Catania.

Les frères Catania étaient également originaires de Cattolica Eraclea, a convenu le témoin, tout comme plusieurs autres entrepreneurs en construction de la région de Montréal, dont Joe Piazza, Domenico Cammalleri, Antonio Bentivegna et deux Giuseppe Borsellino (celui qui dirige Garnier et celui qui dirige BP Asphalte).

Après avoir travaillé pour un autre entrepreneur en construction, qui a fait faillite, Nicolo Milioto a fondé Mivela avec deux associés en 1989. L'entreprise s'est rapidement taillé une place dans le marché montréalais. Son chiffre d'affaires, qui a atteint 3 millions de dollars, a grossi jusqu'à environ 10 millions de dollars en 2009. Il est ensuite redescendu jusqu'à 7 ou 8 millions au cours des dernières années.

Nicolo Milioto a quitté la compagnie en janvier 2012 par souci pour sa santé. Il soutient ne plus se mêler des affaires de Mivela depuis, même si son ex-associé, sa fille et ses gendres la dirigent.

La procureure Sonia Lebel a démontré que la structure de Mivela Construction avait été passablement allégée dès le départ de Nicolo Milioto. Une fiducie qui avait été créée a notamment disparu de la structure. Le témoin n'a pu expliquer ces changements.

L'entrepreneur n'a pas rencontré les procureurs avant le début de son témoignage, a précisé la procureure Lebel. Il a par contre discuté deux fois avec des enquêteurs de la commission, pendant 15 ou 30 minutes.

Un nom qui revient souvent à la commission

En septembre dernier, l'enquêteur de la commission, Eric Vecchio, a expliqué que Nicolo Milioto a été aperçu 236 fois au club social Consenza, quartier général du clan Rizzuto, lors de l'opération Colisée.

Plusieurs vidéos présentées dans le cadre de son témoignage montraient d'ailleurs Nicolo Milioto échangeant de l'argent avec les têtes dirigeantes du clan, avant d'en dissimuler une partie dans ses chaussettes.

« Tout nous laisse croire que M. Milioto était le genre de « middle man » entre l'organisation criminelle et les entrepreneurs en construction. » — Éric Vecchio

« Selon les écoutes qu'on a faites, [il] était très proche de M. Nicolo Rizzuto senior, et rencontrait habituellement M. Rocco Sollecito dans la pièce arrière » du café Consenza.

« M. Sollecito était celui qui s'occupait plus particulièrement de ce côté d'affaires qui était la construction » pour le clan Rizzuto, a précisé l'enquêteur de la commission.

Un rôle confirmé par Pagliarulo et Zambito

Un mois plus tard, l'homme d'affaires Elio Pagliarulo, qui a longtemps été un ami de l'entrepreneur Paolo Catania, de Frank Catania et associés, est venu appuyer les dires d'Éric Vecchio.

Paolo Catania, a-t-il raconté, lui avait confirmé que Rocco Sollecito « décidait qui aurait les contrats », et que Nicolo Milioto était l'intermédiaire entre lui et les entrepreneurs en construction.

Selon Elio Pagliarulo, Paolo Catania versait 5 % de la valeur des contrats publics qu'il obtenait à la Ville de Montréal à Nicolo Milioto.

L'entrepreneur Lino Zambito, qui a admis faire partie d'un cartel des égouts actif à Montréal dans les années 2000, a aussi affirmé qu'il versait de l'argent à Nicolo Milioto.

L'ex-propriétaire d'Infrabec a dit qu'il lui remettait une ristourne de 2,5 % pour la mafia, puis une autre de 3 %, à compter de 2005-2006, qui était destinée à Union Montréal, le parti de l'ex-maire Gérald Tremblay.

Mivela associé à un cartel des trottoirs

Lino Zambito a dit que Mivela Construction faisait elle-même partie d'un cartel se répartissant les contrats de trottoirs à Montréal, une allégation corroborée par l'entrepreneur Michel Leclerc.

Le propriétaire de Terramex a raconté en novembre que Nicolo Milioto l'avait convaincu d'agir en sous-traitant pour les membres du cartel des trottoirs, lors d'une rencontre survenue en 1998.

« Je travaillais sur un petit chantier dans le Vieux-Montréal, puis M. Milioto était venu me voir puis il m'avait dit : "Écoute, les projets de trottoir à Montréal, c'est moi qui s'occupe de ça." »

« Si je voulais travailler puis faire travailler mon monde, là, j'ai compris que je n'avais pas le choix », a expliqué l'entrepreneur, selon lequel Nicolo Milioto s'était montré « un petit peu beaucoup » convaincant, voire menaçant.

« À chaque fois qu'il y avait un contrat [...] il fallait que je l'appelle lui, et c'est lui qui décidait des contrats de trottoirs que j'avais », a-t-il dit. « Je travaillais en sous-traitance pour M. Milioto, mais c'est lui qui me donnait les prix des autres entrepreneurs ou le prix que moi je devais soumissionner. »

« En contrepartie, je devais rajouter à mon prix, mon prix unitaire de bordure, un 3 % que je devais lui remettre après le contrat », a poursuivi Michel Leclerc, précisant que l'argent était destiné « à la politique ».

Selon Michel Leclerc, Pavages CSF, BP Asphalte, T.G.A. et A.T.A. étaient les autres firmes qui se répartissaient les contrats de trottoir à Montréal. Ces firmes, a-t-il allégué, auraient facilement pu l'acculer à la faillite si elles l'avaient voulu.

Une tentative de chantage qui échoue

Nicolo Milioto exerçait également une influence directe sur des décisions de la Ville de Montréal, si l'on en croit le témoignage du représentant du fournisseur de tuyaux Ipex, Michel Cadotte.

Ce dernier a raconté que Nicolo Milioto, qui lui avait été présenté par Paolo Catania, s'est intéressé à des tuyaux en Terra Brute que vendait sa compagnie pour des travaux d'égouts au printemps 2006.

La Ville, qui avait toujours boudé le produit, s'y est aussi intéressée peu après et a bel et bien décidé de l'utiliser. « M. Milioto avait comme arrêté son choix qu'à la Ville de Montréal, ça serait du Terra Brute », a affirmé Michel Cadotte.

L'affaire a cependant avorté peu après que M. Milioto eut exigé 150 000 $ « pour récompenser trois personnes de la Ville de Montréal qui ont fait le travail pour qu'on en arrive là ». Ipex a refusé, et ses tuyaux ont cessé d'être utilisés.

Il est aussi à noter qu'une des filles de l'entrepreneur, Katerina Milioto, est une ingénieure qui a longtemps travaillé à la Direction de la réalisation des travaux de la Ville de Montréal. Ce département était dirigé par Robert Marcil, qui a joué un rôle central dans les volte-face de la Ville au sujet des tuyaux d'Ipex.

Katerina Milioto et Robert Marcil travaillent maintenant tous deux pour la firme de génie-conseil SM, que dirige Bernard Poulin.

Financement politique illégal et intimidation

Nicolo Milioto a aussi été accusé de financement politique illégal et d'intimidation par un ex-organisateur politique d'Union Montréal, Martin Dumont.

Ce dernier a notamment soutenu que l'ex-patron de Mivela Construction lui a remis une enveloppe contenant 10 000 $ en argent comptant lors d'une activité de financement organisée en novembre 2004 au profit du parti dans l'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.

Martin Dumont a aussi relaté que Nicolo Milioto l'a menacé de mort en juin 2007, alors qu'il était chef de cabinet du maire de l'arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, Cosmo Maciocia.

Il a dit qu'il s'était rendu compte que Mivela avait proposé de réaliser un contrat pour 100 000 $ de plus que pour un autre, très similaire, effectué quelques mois plus tôt.

M. Dumont s'était enquis de la situation auprès d'un responsable de l'arrondissement, qui devait lui revenir à ce sujet, mais c'est finalement M. Milioto qui est venu faire une visite au bureau du maire.

Selon Martin Dumont, Nicolo Milioto a commencé par lui dire que ses « fondations de trottoirs étaient épaisses et profondes », avant d'ajouter : « Faudrait pas que tu te retrouves dans mes fondations de trottoirs ».

Nicolo Milioto n'est plus associé à Mivela Construction depuis janvier 2012. L'entreprise est maintenant dirigée par son gendre, Alfonso Polizzi.


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Commission Charbonneau - Borsellino, fuyant jusqu'au bout

L'entrepreneur Giuseppe Borsellino est demeuré jusqu'au bout un témoin fuyant sur la nature de ses relations d'affaires, notamment avec l'ex-directeur général de la FTQ-Construction Jocelyn Dupuis. Par ailleurs, une fois encore, il est revenu sur certains de ses aveux, cette fois sur son financement d'Union Montréal.

Le procureur de la commission Simon Tremblay a profité de la matinée pour terminer son interrogatoire. L'exercice lui a permis de revenir sur plusieurs déclarations faites par l'entrepreneur depuis le début de son témoignage, et de lui poser d'autres questions sur ses liens d'affaires.

Le témoin a par exemple admis qu'il avait fait un voyage de pêche à Plattsburgh, le 5 juin 2008, avec Yves Lortie de Genivar et Robert Marcil, à l'époque grand patron des travaux publics à la Ville de Montréal.

Plus tôt dans son témoignage, Borsellino avait dit qu'il connaissait peu Robert Marcil lorsqu'il l'a invité pour un voyage en Italie effectué en octobre 2008. Il soutenait l'avoir peut-être croisé dans des restaurants, sans plus.

Le procureur Tremblay a d'ailleurs avancé l'hypothèse que Giuseppe Borsellino avait été battu à l'été 2009 parce qu'il avait « brûlé » Robert Marcil à la Ville et parce qu'il avait refusé de faire affaire avec Carboneutre pour éliminer les terres contaminées lors du contrat du prolongement de l'autoroute 25 vers Laval. Le témoin a répété qu'il ne savait pas pourquoi il avait été battu.

Carboneutre était une entreprise dans laquelle étaient impliqués Domenico Arcuri, le caïd Raynald Desjardins et Jocelyn Dupuis. Ce dernier était un ami de M. Borsellino. Il était du voyage en Italie, à l'instar d'Yves Lortie, Robert Marcil et, pour deux jours, Daniel Toutant, PDG du consortium qui exploite le pont de l'autoroute 25 reliant Montréal et Laval.

Giuseppe Borsellino avait précédemment admis qu'il n'avait pas fait affaire avec Carboneutre pour les terres contaminées du projet de l'autoroute 25. Il faisait plutôt affaire avec Écolosol, dans laquelle les entrepreneurs Normand Trudel et Tony Accurso avaient des intérêts.

M. Borsellino a d'ailleurs admis lundi matin que Tony Accurso était un « compétiteur » de son entreprise. Il a aussi soutenu que l'homme était un incontournable dans le domaine de la construction, parce qu'il est un important fournisseur de tuyaux et qu'il possède une carrière, ce qui lui donne un pouvoir de négociation avec les acheteurs.

De nouveaux extraits d'écoutes électroniques

La commission a aussi fait entendre lundi trois extraits d'écoutes électroniques entre Jocelyn Dupuis et Giuseppe Borsellino, malgré les objections de l'avocat de la FTQ, Me Robert Laurin.

Ces extraits, enregistrés en avril et juin 2008, dans le cadre de l'opération Diligence, démontrent, selon Me Tremblay, que M. Borsellino est passé par Jocelyn Dupuis pour rencontrer, en avril 2008, Guy Gionet, le PDG de la SOLIM, le bras immobilier du Fonds de solidarité de la FTQ.

Ce dernier a été contraint de quitter son poste au printemps 2009 au terme d'une vérification interne portant sur un prêt de 3 millions consenti en 2004 à Ronald Beaulieu, décrit par la Sûreté du Québec comme un sympathisant des Hells Angels.

M. Borsellino reconnaît qu'il y a eu rencontre avec M. Gionet, mais ne sait pas de quel projet ils ont parlé et assure que cela n'a pas porté fruit.

Borsellino revient sur des aveux

En début de journée, le propriétaire de Construction Garnier a aussi affirmé qu'il n'a finalement pas donné 10 000 $ à Martin Dumont d'Union Montréal dans le cadre de la campagne contre les défusions municipales en 2004. C'est pourtant ce qu'il avait convenu, le 7 février dernier. Il soutient que le procureur Simon Tremblay avait semé la confusion dans son esprit.

Giuseppe Borsellino a plutôt affirmé qu'il avait remis deux chèques totalisant 6000 $ pour renflouer le comité organisateur des Mondiaux aquatiques, tenus à Montréal en 2005.

Il a aussi affirmé ne pas avoir contribué, après vérification, à Union Montréal, ce qu'il avait pourtant admis ce même 7 février. Il dit cependant qu'il a pu solliciter des sous-traitants pour qu'ils achètent des billets lors d'activités de financement du parti pour lesquelles il avait réservé une table.

M. Borsellino, qui a par ailleurs admis aujourd'hui avoir développé des liens d'amitié avec l'ex-ministre libéral et député de Saint-Laurent, Jacques Dupuis, maintient que ses rencontres avec des politiciens n'avaient pour but que de se faire connaître d'eux, sans plus.

Le propriétaire de Garnier Construction, qui a par ailleurs déjà admis qu'il y avait eu des contrats truqués à Montréal, dit ne pas avoir pour autant avisé ses amis et ex-ministres libéraux, Jacques Dupuis et Tony Tomassi, de l'existence de ce problème.

L'entrepreneur a aussi été interrogé sur sa fondation Garnier Kids, et sur les dons qu'y ont faits plusieurs ministres du gouvernement Charest à même leur budget discrétionnaire. Il a souligné qu'il amassait de l'argent parce qu'il avait la capacité de le faire, et qu'il le faisait de bonne foi.

Un texte de François Messier et Bernard Leduc


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Ottawa reconnaît que les peines minimales lèseront un petit groupe de citoyens

Un petit groupe de citoyens pourrait être lésé par les peines minimales obligatoires pour les crimes liés aux armes à feu, mais le Parlement a le droit à la déférence dans ses efforts pour améliorer la sécurité publique, soutient le gouvernement fédéral.

Il s'agit de l'un des nombreux arguments que soulève Ottawa en appui au délicat dossier des peines minimales, au moment où la plus haute instance judiciaire de l'Ontario s'apprête à entendre des affaires qui pourraient marquer un tournant.

Un comité spécial de cinq juges de la Cour d'appel de l'Ontario se penchera sur la constitutionnalité des peines minimales dans les cas de crimes graves dans six dossiers qui devraient être entendus entre mardi et vendredi.

Les peines minimales ont été rejetées dans un dossier et maintenues dans les autres - bien que de justesse dans l'un de ces cas - et le fait de les entendre en même temps donnera au tribunal l'occasion d'envoyer un message uniforme dans un paysage actuellement fragmenté.

C'est au procureur général de l'Ontario que revient la conduite des instances dans ces affaires particulières, mais le gouvernement fédéral ajoute sa voix à titre d'intervenant.
L'Association canadienne des libertés civiles, la Clinique légale africaine canadienne et la Société John Howard doivent également intervenir.

Les arguments du ministère de la Justice, tels que présentés dans des documents juridiques, se concentrent sur la peine minimale de trois ans pour la possession sans permis d'une arme chargée à usage restreint ou interdite - tels les armes de poing, les mitrailleuses et les fusils de chasse à canon scié.

La peine, telle que décrétée en 2008 dans le cadre d'un projet de loi omnibus du Parti conservateur, était auparavant d'un an.

L'an dernier, un juge de la Cour supérieure de l'Ontario a statué que la loi était anticonstitutionnelle, jugeant qu'il s'agissait d'une punition cruelle et inhabituelle dans le cas de Leroy Smickle, qui avait été surpris alors qu'il se trouvait dans l'appartement d'un cousin, seul, prenant des photos de lui-même en possession d'une arme chargée, en vue de les afficher sur Facebook.

Des détracteurs oeuvrant dans le domaine judiciaire soutiennent que les peines minimales ne réduisent pas la criminalité et font plus de tort que de bien.

Dans des documents juridiques, le gouvernement fédéral concède que l'un des effets néfastes de la loi réside dans le fait « qu'un petit groupe de délinquants » devront passer plus de temps en prison qu'ils n'auraient eu à le faire sans le minimum de trois ans. « Cependant, le Parlement a le droit de jeter un regard rigoureux sur le sérieux de ce délit, en fonction de sa perception, de l'évolution des conditions sociales et des valeurs », écrit le gouvernement fédéral.


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Pistorius devant le tribunal de Pretoria

Le parquet a retenu mardi matin l'accusation de meurtre prémédité dont l'athlète handisport sud-africain Oscar Pistorius est inculpé, en expliquant que le sportif avait tiré sur sa petite amie, Reeva Steenkamp, le jour de la Saint-Valentin. 

« La victime a été touchée (par balle) trois fois alors qu'elle était aux toilettes » et « la porte des toilettes a été défoncée depuis l'extérieur. Nous pensons que la porte était fermée à clé », a déclaré le procureur Gerrie Nel.

« Il a mis ses prothèses, marché sept mètres et fait feu » quatre fois « sur une femme innocente non armée », a-t-il poursuivi, ajoutant que « l'accusé n'a pas donné sa version des faits », alors qu'« il n'y avait que deux personnes dans la maison cette nuit-là ».

« L'accusé a dit à sa soeur qu'il pensait que c'était un voleur. Pourquoi un voleur s'enfermerait-il dans les toilettes? », a-t-il demandé. 

« Ce n'est pas un meurtre », dit la défense

L'avocat de Pistorius, Barry Roux, affirme de son côté qu'il « n'y a aucun élément indiquant la moindre préméditation », évoquant « le cas d'autres affaires où des maris ont tiré sur leur épouse par accident en pensant à un intrus ».

Aucune accusation pour meurtre ne devrait être retenue, selon lui. « Ce n'est pas un meurtre. (...) Tout ce que nous savons, c'est qu'elle s'est enfermée dans les toilettes. Elle a été tuée dans les toilettes (...) il a pensé qu'elle était un intrus », a-t-il précisé.

Me Barry Roux a demandé la remise en liberté sous caution de son client, affirmant que « l'accusé n'avait pas de condamnation antérieure à son casier ni d'affaire en cours autre que celle-ci ». 

Lors de cette audience, qui devrait durer deux jours, les avocats et les enquêteurs devraient révéler davantage de détails entourant la mort de l'ex-mannequin de 29 ans, la semaine dernière, à la suite d'une violente dispute conjugale.

Oscar Pistorius est arrivé en matinée au tribunal d'instance de Petrolia, après avoir été transféré du commissariat de Pretoria, où il était détenu depuis jeudi dernier. 

Pendant ce temps, les funérailles de Reeva Steenkamp se dérouleront dans l'intimité familiale mardi au crématorium de Victoria Park, dans sa ville d'origine de Port Elizabeth. « La cérémonie elle-même dans la chapelle sera réservée à la famille et aux amis et il y aura un communiqué ensuite pour les médias », a indiqué son oncle Michael Steenkamp. 

Oscar Pistorius, qui est amputé des deux jambes sous les genoux depuis l'enfance, a représenté son pays lors des derniers Jeux olympiques d'été. Il est devenu le premier athlète handicapé à participer à la fois aux Olympiques et aux Paralympiques.

L'athlète de 26 ans court à l'aide de deux prothèses de carbone, qui lui ont valu le surnom de « Blade Runner ». Il est champion paralympique en titre du 400 mètres et son histoire a inspiré de nombreux jeunes en Afrique du Sud, mais également dans le monde entier.


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Tempête dans l'est du Québec et l'Atlantique

Written By Unknown on Senin, 18 Februari 2013 | 16.20

Les régions de la Gaspésie, du Bas-Saint-Laurent de la Basse-Côte-Nord, ainsi que le Nouveau-Brunswick, sont balayées par une tempête de neige.

25 à 40 centimètres devraient recouvrir l'est du Québec. Certains secteurs de la Gaspésie recevront localement jusqu'à un mètre de neige. De plus, des vents soufflant jusqu'à 120 km/h rendront la visibilité quasiment nulle dans la poudrerie.

Au Nouveau-Brunsiwck, de 20 à 40 centimètres de neige sont attendus, combiné aux vents très forts du nord-ouest, ce qui réduira également la visibilité, qui sera parfois nulle dans la poudrerie cette nuit et lundi matin.

Une intense dépression sur l'ouest de Cap-Breton se déplace lentement vers le nord-est pour se trouver sur le golfe du Saint-Laurent lundi matin puis sur Terre-Neuve lundi soir.

La neige continuera au cours de la nuit avec une accumulation supplémentaire de 10 à 15 centimètres.

De plus, les vents très forts du nord à nord-ouest persisteront durant la majeure partie de la journée lundi, donnant une visibilité presque nulle dans la poudrerie. Des rafales pouvant atteindre 90 km/h souffleront par endroits.

A l'Île-du-Prince-Édouard, on attend une accumulation de neige supplémentaire de 10 à 15 centimètres combinée aux vents forts, ce qui là aussi donne une visibilité presque nulle dans la poudrerie.

Forts vents à Terre-Neuve

Enfin, à Terre-Neuve-et-Labrador, on prévoit des vents très forts, d'importantes chutes de neige et une visibilité réduite dans la poudrerie cette nuit et lundi matin.

Des vents forts du sud-est se sont levés à l'avant du front chaud et on prévoit des rafales entre 110 et 130 km/h le long de certaines régions de la côte. Dans le secteur de Wreckhouse, les vents continueront de souffler en rafales jusqu'à 120 km/h cette nuit. Les vents deviendront du sud-ouest au cours de la nuit mais ils devraient encore souffler en rafales dépassant le seuil d'avertissement sur les endroits à découvert de la côte sud.

Environnement Canada prévoit un total de 15 à 25 centimètres de neige d'ici lundi soir, et l'accumulation la plus importante devrait être sur l'ouest de Terre-Neuve. Cette neige forte agira avec les vents forts pour réduire la visibilité dans la poudrerie.

À Toronto, des chutes de neige ont causé des retards et des annulations de vols, samedi et dimanche, à l'aéroport Lester B. Pearson. De nombreux vols en partance ou à destination de l'aéroport ont été touchés.


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Des anglophones contre le renforcementde la loi 101

Quelque 200 personnes se sont rassemblées dimanche devant les bureaux de la première ministre du Québec, au centre-ville de Montréal, pour protester contre le projet de loi 14, qui vise à renforcer la Charte de la langue française (la loi 101) et la Charte des droits et libertés de la personne.

Les manifestants sont opposés à plusieurs dispositions du projet de loi, notamment concernant l'utilisation de la langue française dans les petites et moyennes entreprises et la disparition des services en anglais dans les municipalités qui comptent une population anglophone en déclin. Ils acceptent mal aussi qu'on veuille imposer un examen de français aux finissants des collèges anglophones.

« On veut seulement l'égalité au Québec », affirme Dominico Monti, un manifestant pour qui les lois linguistiques nuisent au bilinguisme et empêchent des francophones d'apprendre l'anglais.

Un autre manifestant, Steve Théberge, est venu de la ville de Québec pour appuyer les revendications anglophones. L'homme, bilingue, se dit fier de parler deux langues. « Je ne crois pas que le français est en train de reculer », ajoute-t-il.

« C'est une question de respect. On est tanné d'être traités comme des citoyens de deuxième classe. » — Un manifestant anglophone

L'événement était organisé par des groupes qui représentent la communauté anglophone. D'autres organismes, qui n'ont pas participé à la manifestation, ont préparé un mémoire, contenant plusieurs de ces revendications, qui sera présenté dans le cadre d'audiences publiques à l'Assemblée nationale à partir du 12 mars.

Au cours de la manifestation, un affrontement verbal s'est produit entre des anglophones et un activiste indépendantiste qui a lancé aux manifestants réunis qu'ils devaient s'intégrer. Selon lui, le projet de loi 14 critiqué par les manifestants « impose un minimum de respect pour la loi française au Québec ».

« Vive la loi 14! Vive le pays du Québec! » — Un manifestant indépendantiste qui a fait irruption dans la manifestation anti-loi 14

De Courcy invite les manifestants à participer à la consultation publique

En entrevue à Radio-Canada, la ministre responsable de la Charte de la langue française, Diane De Courcy, a défendu le projet de loi 14 qui, dit-elle, cherche seulement à assurer la protection de la langue française « dans un îlot qu'est le Québec, devant une mer anglophone en Amérique du Nord ».

« Il serait sage, dans ce débat-là, de tenter de mettre un peu nos émotions en veilleuse et de concrètement examiner le projet de loi » — Diane De Courcy, ministre de la Charte de la langue française

Aux manifestants qui disent se sentir comme des citoyens de seconde classe, la ministre rappelle que lorsque la loi 101 a été mise en place il y a 35 ans, le projet avait suscité le même type de réactions. Or, aujourd'hui, on observe que la communauté anglophone a toujours sa place au Québec, dit-elle.

La ministre leur lance une invitation à participer à la consultation publique sur le projet de loi qui débute le 12 mars. Elle rappelle qu'il est également possible de participer à consultation en ligne dès maintenant.

Le projet de loi 14 en bref

Entre autres choses, le projet de loi fait de l'usage du français un droit inclus dans la Charte québécoise des droits et libertés.

Au travail, les entreprises employant de 10 à 25 personnes devront ainsi afficher les droits linguistiques de leurs employés, tandis que celles comptant de 26 à 49 employés devront s'assurer que la langue de travail est le français.

Aussi, pour avoir le droit d'obtenir des contrats gouvernementaux, toutes les entreprises soumissionnaires devront respecter certains aspects de la Charte de la langue française. Auparavant, seules les entreprises de 50 personnes et plus étaient visées par cette mesure.

Le projet de loi obligerait notamment les municipalités qui comptent moins de 50 % d'anglophones à renoncer à leur statut bilingue. Actuellement, 84 villes au Québec ont le statut de villes bilingues.

Enfin, les étudiants qui sortent des cégeps anglophones devront réussir un examen de français pour obtenir leur diplôme.


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