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Le G20 divisé sur la question syrienne

Written By Unknown on Jumat, 06 September 2013 | 16.21

Le compte rendu de Jean-François Bélanger

Alors que le président américain Barack Obama appelle sur toutes les tribunes à une action militaire contre la Syrie, son message peine à convaincre les participants au sommet du G20, qui se tient à Saint-Pétersbourg, au pays du principal adversaire des États-Unis sur la question syrienne.

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont appelé jeudi à une solution politique pour mettre fin au conflit syrien, faisant ainsi écho aux propos du président russe, Vladimir Poutine. Le Kremlin exige que toute action passe d'abord par le Conseil de sécurité des Nations unies, où la Russie détient un droit de veto qui lui a servi à trois reprises sur la question syrienne.

La Russie, qui possède une importante base navale sur les côtes de la Syrie - à qui elle vend aussi des armes - est un allié de taille du régime du dictateur syrien Bachar Al-Assad. Moscou s'oppose farouchement à toute intervention punitive de Washington et de ses alliés contre l'utilisation d'armes chimiques en Syrie, dont la responsabilité fait l'objet de débats.

Ce profond désaccord entre les deux puissances instaure un climat de guerre froide dans les travaux du G20, où les questions économiques à l'ordre du jour risquent fort d'être reléguées au second plan.

Entre guerre chimique et guerre tiède - un texte de notre correspondant Jean-François Bélanger

Pour consulter notre couverture en direct à partir d'un téléphone intelligent, cliquez ici.

Ambiance lourde et casse-tête protocolaire

Le climat est si tendu entre Moscou et Washington que les responsables des services du protocole ont dû faire des pieds et des mains pour changer les plans de tables et éviter que les délégations américaine et russe ne se retrouvent trop près l'une de l'autre.

Aucun tête-à-tête entre les présidents Poutine et Obama n'a d'ailleurs été prévu. Les deux hommes se sont cependant serré la main devant les caméras lors de l'arrivée du président Obama en sol russe, mais sans plus.

C'est dans ce climat de tension diplomatique que l'ambassadrice américaine à l'ONU Samantha Power a déclaré aux médias que la Russie continuait « de prendre le Conseil de sécurité en otage » en bloquant toute décision sur la Syrie.

La communauté internationale ne doit pas laisser le régime syrien « bafouer les normes internationales » en utilisant des armes chimiques parce que son « protecteur » russe bloque le Conseil de sécurité, a-t-elle ajouté.

Il faut dire que les relations se détériorent rapidement entre les deux puissances depuis mercredi. Alors que Moscou, qui déploie un croiseur lance-missile de plus en Méditerranée orientale, se dit prête à réagir en « cas de problème », à Washington, le président de la Chambre des représentants, John Boehner, a refusé de rencontrer une délégation parlementaire russe, que Moscou souhaite envoyer à Washington.

Stratégiquement, le sommet du G20 est l'occasion pour les deux camps d'évaluer leurs forces et la détermination de leurs alliés sur la question syrienne.

Plusieurs réunions bilatérales entre partisans d'une action armée sont prévues, alors qu'approche la date du 9 septembre, jour de rentrée pour les parlementaires américains qui doivent se prononcer sur une intervention militaire, dont les grandes lignes ont fait l'objet d'une entente entre la Maison-Blanche et le comité sénatorial des Affaires étrangères mercredi.

Harper pour une intervention militaire

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a fait savoir qu'une intervention militaire était nécessaire en Syrie. Son ministre des Affaires étrangères, John Baird, a reconnu qu'il y avait peu de chance que les nations du G20 trouvent un terrain d'entente sur cette question.

Il a affirmé que le premier ministre et lui-même ne se faisaient pas d'illusion sur la possibilité de conclure une entente concernant la crise.

Barack Obama rencontrera notamment vendredi le président français François Hollande, un des plus chauds partisans d'une action militaire malgré l'opposition d'une partie des députés de l'Assemblée nationale.

« La position de la France, c'est à la fois la sanction et la négociation. Nous avons le sentiment que s'il n'y a pas de sanction à l'égard de Bachar Al-Assad, il n'y aura pas de négociation. » — Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères

Le premier ministre britannique a affirmé pour sa part que son pays avait de nouvelles preuves de l'utilisation du gaz sarin le 21 août dans les faubourgs de Damas, sans toutefois désigner l'auteur de l'attaque.

Des experts du centre de recherche militaire de Porton Down, près de Salisbury, ont analysé des échantillons rapportés de la zone visée, tenue par les rebelles syriens, et ont conclu à la présence de sarin, un gaz innervant, a dit M. Cameron sur la chaîne de télévision britannique BBC.

Pas de solution militaire, estime le secrétaire général de l'ONU

L'envoyé spécial de la Ligue arabe et de l'ONU, Lakhdar Brahimi, a aussi été envoyé en Russie pour aider le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, à plaider en faveur de la conférence internationale pour la paix en Syrie, dite Genève 2.

Pour Ban Ki-moon, armer une partie ou une autre n'est pas la bonne réponse. « Il n'y a pas de solution militaire », a-t-il déclaré jeudi.

Le secrétaire général de l'ONU place la question de l'usage des armes chimiques dans un contexte plus large que celui lié au conflit syrien. « Il s'agit d'une responsabilité collective vis-à-vis de l'humanité », a-t-il souligné.

Ban Ki-moon a rappelé que l'usage des armes chimiques dans quelque circonstance que ce soit serait une violation des lois internationales et un crime atroce.

Dans tous les cas, une autre réunion à laquelle participeront les ministres des Affaires étrangères des pays de l'Union européenne aura lieu en fin de semaine à Vilnius, en Lituanie, pour tenter de trouver une position commune sur une intervention armée contre Damas, soupçonné d'avoir tué des centaines de civils le 21 août avec des armes chimiques.

Sur le terrain, la Turquie a déployé des troupes supplémentaires pour renforcer sa frontière avec la Syrie en cas d'une éventuelle intervention contre son voisin.

Un convoi de 20 véhicules constitué notamment de blindés a été déployé mercredi soir à la frontière syrienne à la hauteur de la localité turque de Yayladagi, dans la province de Hatay, dans le sud du pays.

Pendant ce temps, la chef des opérations humanitaires de l'ONU, Valerie Amos, est arrivée jeudi à Damas pour des entretiens avec des responsables syriens.

Cette visite intervient peu après que les Nations unies eurent annoncé que le nombre de réfugiés syriens avait dépassé les 2 millions.

Quant aux enquêteurs de l'ONU qui avaient pour tâche de déterminer si du gaz neurotoxique a bel et bien été utilisé par le régime contre des civils en banlieue de Damas, ils doivent remettre un rapport provisoire mardi prochain.

La Chine lance un avertissement

Pékin a mis en garde jeudi contre une intervention militaire en Syrie qui serait, selon elle, de nature à pénaliser l'économie mondiale notamment en provoquant une hausse des prix des produits pétroliers.

« Une action militaire aurait un impact négatif sur l'économie mondiale, en particulier le prix du pétrole - cela provoquerait une hausse du prix du pétrole », a déclaré le
vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Zhu Guangyao, en marge du sommet du G20.

L'autre grand allié du régime syrien, l'Iran, s'est également fait entendre, jeudi. Les armes chimiques que le pouvoir syrien est accusé d'avoir utilisées le 21 août sont « un prétexte » pour attaquer la Syrie, a affirmé le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

Le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Mokdad, avait garanti la veille que la Syrie ne céderait pas aux menaces de frappes contre son pays.

Le pape François appelle à une solution pacifique en Syrie

Dans une lettre adressée au président russe Vladimir Poutine jeudi, le pape François a exhorté les grandes puissances à « s'engager de nouveau à chercher, avec courage et détermination, une solution pacifique par le dialogue et la négociation entre les parties, soutenue unanimement par la communauté internationale ».

Le Vatican a aussi réuni jeudi matin les ambassadeurs du monde entier accrédités auprès du Saint-Siège pour leur expliquer le refus du pape de toute intervention armée en Syrie. 

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Mosquée profanée: un important témoin recherché

Le reportage de Linda Bergeron

Exclusif - Le service de police de Saguenay est à la recherche d'un témoin important qui pourrait lui permettre de retrouver l'auteur des actes de vandalisme perpétrés au cours de la fin de semaine à la mosquée de l'arrondissement de Chicoutimi.

Une substance qui semble être du sang de porc a été versée sur la façade de la mosquée de Saguenay, samedi. Une lettre contenant des propos haineux a aussi été laissée sur les lieux. Une autre lettre a été déposée à Radio-Canada.

Les policiers diffusent des images captées par la caméra de surveillance de l'immeuble de Radio-Canada, sur la rue des Saguenéens.


On y voit un homme âgé, portant des bermudas et un chandail foncés, laisser une enveloppe à l'entrée de l'édifice peu après 17 h. La lettre haineuse a été trouvée à l'intérieur de l'enveloppe.

Le porte-parole du service de police de Saguenay, Bruno Cormier, précise qu'il s'agit d'un témoin important, mais que l'homme n'est pas considéré comme un suspect pour le moment.

« Ça ne veut pas dire que celui qui va porter une lettre est celui qui commet l'acte posé à la mosquée. Il faut faire attention au niveau des termes employés. Pour nous, c'est un témoin important et on aimerait bien rencontrer cet homme-là. » — Bruno Cormier, porte-parole du Service de police de Saguenay

Autre lettre

Les policiers de Saguenay ont aussi entre les mains une deuxième lettre, possiblement écrite par l'individu qui aurait aspergé la mosquée.

L'homme, qui écrit avoir 70 ans, explique qu'il n'a pas voulu inciter les citoyens à prendre les armes. Il ajoute qu'à son avis, l'Islam prend trop de place et un débat s'impose.

En raison des vagues soulevées par cette affaire, l'enquête revêt un caractère particulier pour les policiers. « C'est la première fois que ce genre d'événement se produit sur notre territoire », précise Bruno Cormier.

Solidarité

Les événements de la fin de semaine entraînent aussi un mouvement de sympathie envers la communauté musulmane du Saguenay.

Un groupe de chrétiens engagés a réagi en créant la page Facebook Coexister au Saguenay, afin de « permettre aux personnes intéressées d'établir un dialogue interreligieux et de manifester leur désir de vivre en paix les uns avec les autres dans la région ».

L'un des responsables du groupe, Christian Bélanger, mentionne qu'il souhaite proposer des activités de rapprochement.

« Le but est de favoriser le dialogue. On s'est rendu compte que parfois, il n'y avait pas d'animosité entre les groupes, mais il n'y avait pas nécessairement de liens. » — Christian Bélanger

« C'est une base pour jeter les ponts entre les différentes confessions et communautés, ajoute M. Bélanger. Pour avoir un endroit pour dialoguer, se parler, échanger et aussi se supporter quand ce genre d'action contre une communauté arrive. »

Le député de Chicoutimi-Le Fjord choqué

Le député du Nouveau Parti démocratique (NPD), Dany Morin, dénonce vivement l'acte de vandalisme à la mosquée dont il se dit choqué.

Pour calmer les craintes soulevées par ce geste, il se rendra à la mosquée, vendredi, au moment de la prière. Il invite les élus, particulièrement le maire Jean Tremblay et le député de Chicoutimi Stéphane Bédard, à exprimer eux aussi leur appui.

« Ça enverrait un beau message à la communauté musulmane de la région si les trois élus pouvaient être là pour donner leur appui. » — Dany Morin, député de Chicoutimi-Le Fjord

La prière à la mosquée de l'arrondissement de Chicoutimi aura un caractère particulier, vendredi. La population du Saguenay est invitée à participer à un grand rassemblement fraternel à compter de midi.


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La NSA peut déchiffrer des communications sécurisées

L'Agence nationale de sécurité (NSA) est capable de décoder l'essentiel des systèmes de cryptage sur Internet, ont révélé jeudi plusieurs médias qui s'appuient sur des documents fournis par le « lanceur d'alertes » Edward Snowden.

Le quotidien britannique The Guardian, à l'origine de ces révélations avec le New York Times et l'organisme sans but lucratif ProPublica, affirme que la NSA « a largement compromis les garanties données par les sociétés Internet à leurs clients sur la sécurité de leurs communications ».

À la faveur d'un programme ultra-secret nommé Bullrun, l'agence de renseignement américaine peut ainsi « casser » les systèmes de cryptage censés protéger la vie privée des usagers, qu'il s'agisse de courriels, de discussions instantanées, de transactions bancaires en ligne ou encore de transfert de données médicales.

Seulement un cercle restreint d'analystes provenant de la communauté de renseignement « Five Eyes » ont accès à ce programme, à la NSA et en Grande-Bretagne, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande, rapporte le New York Times.

D'après les documents, la NSA et les Government Communications Headquarters, le service de renseignements électronique du gouvernement britannique, ont réussi à obtenir les « clés » des différents systèmes de cryptage grâce à leurs supercalculateurs et à la coopération des sociétés Internet, parfois à coup d'injonctions judiciaires.

Malgré les promesses de transparence du président Barack Obama sur ces programmes, l'accumulation de révélations, y compris celles de jeudi, dessine les contours d'une organisation toute puissante aux capacités d'intrusion qui semblent illimitées.

« Ces derniers mois, les documents divulgués par [l'ex-technicien de la CIA, Edward] Snowden ont décrit la large portée de la NSA dans sa capacité de ramasser de vastes quantités de communications à travers le monde. Les documents de cryptage montrent aujourd'hui, en détail frappant, comment l'organisme s'assure d'être réellement capable de lire les informations qu'il recueille », écrit le New York Times.

Selon un document de 2007 cité par le Times, « casser les codes » serait une spécialité de l'agence depuis sa création en 1952. « C'est le prix à payer pour que les États-Unis maintiennent un accès et une utilisation non entravés du cyberespace », lit-on dans le document.

La NSA doit en outre être en mesure de déchiffrer les messages des terroristes, des espions étrangers et d'autres adversaires de Washington, disent les responsables de l'agence, sans quoi les États-Unis seraient menacés.

Matthew Green, un chercheur en cryptographie cité par le Times, estime toutefois que ce déchiffrage des communications sécurisées ne vient pas sans danger. « Le risque quand vous créez une porte d'accès dérobée dans des systèmes est que vous ne soyez pas le seul à l'exploiter », soutient-il.

Ces lanceurs d'alerte, traîtres ou héros?


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Une action américaine en Syrie pourrait coûter 500 M$

Le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel a déclaré à des élus du Congrès qu'une intervention militaire limitée pour dissuader la Syrie d'utiliser des armes chimiques à l'avenir coûterait des dizaines de millions of dollars, mais l'expérience des opérations passées montre que ce montant pourrait être nettement plus élevé.

Les missiles de croisière Tomahawk que pourraient utiliser les États-Unis contre la Syrie pour la « punir » d'avoir mené une attaque au gaz neurotoxique le 21 août dernier près de Damas coûtent 1,2 à 1,5 million de dollars pièce.

Quant aux bombardiers furtifs B-2 qui larguent les bombes, il leur faut 18 heures pour quitter leur base et autant y revenir à un coût de 60 000 $ l'heure.

Todd Harrison, spécialisé dans l'analyse du budget de la défense pour le Center for Strategic and Budgetary Assessments, se dit surpris d'avoir entendu Chuck Hagel parler mercredi de dizaines de millions de dollars, un chiffre trop faible selon lui. Il estime que le chef du Pentagone a sans doute voulu parler de ce qui resterait à dépenser sur l'année fiscale 2013 qui prend fin le 30 septembre.

L'essentiel du coût d'une action en Syrie consistera à remplacer les munitions utilisées. Selon Todd Harrison, le Pentagone paiera sans doute les munitions via un budget spécial qui sera demandé au Congrès et qui de ce fait ne serait pas soumis à plafonnement.

« Si l'on tient compte du coût de remplacement des munitions, cela (une opération en Syrie) pourrait coûter un demi-milliard, voire un milliard de dollars, en fonction du nombre de cibles recherchées », estime l'analyste.

La Navy a largué 221 Tomahawks contre la Libye de Mouammar Kadhafi en 2011, dont près de la moitié, soit 110, dans une salve d'ouverture contre 22 objectifs militaires libyens.

Si l'armée de l'air américaine utilise un nombre similaire de missiles pour frapper les objectifs liés aux armes chimiques en Syrie, le coût dépasserait 100 millions de dollars.

Selon l'amiral Jonathan Greenert, le chef des opérations navales américaines, les préparatifs n'ont pas nécessité pour l'instant de dépenses imprévues. Tous les navires de guerre américains dans la région le sont dans le cadre d'opérations régulières.

La Navy dispose de quatre frégates en Méditerranée orientale d'où pourront être lancées les frappes ainsi que du porte-avions USS Nimitz et ses navires satellites en mer Rouge.

Selon Greenert, en routine, un navire porte-avions coûte 25 millions de dollars par semaine. Si le bâtiment est utilisé sur un théâtre d'opérations militaires, le coût est susceptible de monter à 40 millions de dollars par semaine en raison d'une durée de vol plus longue pour les avions.

Le Congrès divisé

Par ailleurs, les séances d'information organisés en rafale ces derniers jours par le gouvernement américain pour tenter de convaincre des élus réticents du bien-fondé d'une intervention militaire en Syrie ne semblent ne pas avoir l'effet désiré.

Même après l'audition au Congrès du chef de la diplomatie John Kerry et du secrétaire à la Défense Chuck Hagel, une demi-douzaine de réunions d'information à huis clos et des appels téléphoniques de Barack Obama lui-même, on ne pouvait prédire jeudi soir si le Congrès autoriserait une action militaire.

Les deux chambres du Congrès, le Sénat, à majorité démocrate, et la Chambre des représentants, où les républicains sont majoritaires, doivent se prononcer après une première étape franchie mercredi avec l'approbation du texte en commission des affaires étrangères du Sénat par 10 voix contre 7.

À la Chambre des représentants, qui compte 433 députés, les républicains devraient être nombreux à voter « non », même si leurs deux principaux dirigeants, le président de la Chambre, John Boehner, et le chef de file du groupe républicain, Eric Cantor, se sont déclarés favorables à des frappes militaires.

Au Sénat, sur 100 élus, 24 sont franchement opposés ou plutôt opposés aux frappes, selon un décompte effectué par la presse américaine. Les « pour » sont également 24, tandis qu'une cinquantaine sont indécis. Chaque vote comptera au Sénat où une super-majorité de 60 pourrait se révéler nécessaire.

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Syrie : un accord se dessine au Sénat américain

Written By Unknown on Rabu, 04 September 2013 | 16.21

Le reportage de Joyce Napier

La commission des Affaires étrangères du Sénat américain est parvenue mardi soir à un accord sur un projet d'autorisation de l'usage de la force armée en Syrie qui exclut l'envoi de troupes au sol.

Le projet fixe également une limite de 60 jours à une éventuelle intervention militaire en Syrie, avec la possibilité d'une prolongation unique et sous conditions de 30 jours.

Le texte sera soumis mercredi au vote des membres de la commission sénatoriale. S'il est adopté, il sera alors transmis en séance plénière au Sénat, qui reprend ses travaux lundi prochain.

Le compromis a été rédigé par le sénateur démocrate Robert Menendez, président de la commission, et le républicain Bob Corker.

Au-delà de la « sanction » de l'utilisation de gaz de combat par le régime de Bachar Al-Assad, il requiert que Barack Obama consulte le Congrès et soumette au Sénat et à la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants une stratégie de négociation d'une solution politique au conflit en Syrie intégrant un réexamen de toutes les formes d'assistance aux insurgés.

Cette disposition était notamment réclamée par l'influent sénateur républicain John McCain.

Ce projet de texte, explique le sénateur Menendez dans un communiqué, « donne au président l'autorité nécessaire pour déployer la force en réponse à l'utilisation criminelle par le régime Assad d'armes chimiques contre le peuple syrien tout en s'assurant que cette autorisation est étroite et focalisée, limitée dans le temps et qu'elle assure que les forces armées des États-Unis ne seront pas déployées dans des opérations de combat en Syrie ».

Les poids lourds de l'administration Obama devant la Chambre haute

L'accord a été conclu après l'audition mardi du secrétaire d'État John Kerry, le secrétaire à la Défense Chuck Hagel et le général Martin Dempsey, président de l'état-major interarmes des forces armées devant la commission sénatoriale.

« Washington doit réagir pour protéger sa sécurité et ses valeurs », a soutenu John Kerry, qui a affirmé une fois de plus qu'il ne fait aucun doute que le régime Al-Assad a orchestré l'attaque chimique du 21 août.

Le secrétaire d'État a ajouté que Washington ne devait être ni isolationniste ni spectateur d'un massacre, et que l'inaction des États-Unis enverrait un mauvais message à l'Iran, allié de Damas et ennemi d'Israël, de même qu'à la Corée du Nord, dans la mire des États-Unis pour son programme nucléaire militaire.

De son côté, le secrétaire à la Défense Chuck Hagel a affirmé que l'attaque chimique du régime syrien menace la sécurité des États-Unis, une affirmation qui pourrait servir de justification légale si Washington frappe la Syrie sans l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU.

MM. Kerry, Hagel et Dempsey seront entendus mercredi par la commission des Forces armées de la Chambre des représentants.

La Chambre des représentants tranchera

Le président de la Chambre des représentants, John Boehner, et la leader de la minorité démocrate, Nancy Pelosi, ont également annoncé mardi qu'ils soutiendront le projet de résolution du président Obama concernant une intervention militaire limitée en Syrie.

Estimant que le recours aux armes chimiques par le régime de Bachar Al-Assad est un acte qui ne peut rester sans réponse, John Boehner a du même souffle exhorté ses collègues de la Chambre à en faire de même.

Également interpellée par la nécessité d'agir rapidement dans ce dossier, la leader démocrate, Nancy Pelosi, a elle aussi affirmé qu'elle soutiendra la résolution du président Obama autorisant l'usage de la force contre le régime syrien. Évoquant la gravité et la singularité de telles attaques contre des populations civiles, notamment contre des enfants, Nancy Pelosi a estimé qu'on ne peut attendre l'assentiment de l'ONU, « le plus lent navire du convoi ».

Au cours de sa rencontre avec Mme Pelosi et M. Boehner, Barack Obama a demandé aux membres de Congrès de voter rapidement en faveur d'une intervention en Syrie, assurant que son administration a élaboré une stratégie beaucoup plus large que de simples frappes pour soutenir les forces de l'opposition syrienne.

Barack Obama a aussi répété qu'il n'était pas question d'engager le pays dans une nouvelle guerre à l'étranger, comme ce fut le cas en Irak et en Afghanistan.

Cette offensive politique de l'administration du président Barack Obama est destinée à forger un consensus solide au Congrès après que le président eut annoncé samedi qu'il consulterait les élus américains avant d'autoriser le déclenchement d'une intervention armée en Syrie.

Un pari risqué pour Obama

A priori, le président des États-Unis n'a pas besoin de l'assentiment du Congrès pour ordonner de telles actions militaires à l'étranger. La volonté de Barack Obama d'avoir l'appui du Congrès peut sembler d'autant plus surprenante que les élus ne se sont pas montrés des plus coopératifs avec le président américain ces dernières années, que ce soit sur la question du plafond de la dette ou encore la réforme du système de santé.

Mais l'appui du républicain John Boehner à la Chambre des représentants ainsi que des sénateurs républicains John McCain et Lindsey Graham montrent que la position des élus sur une intervention en Syrie ne suit pas de ligne de parti.

Reste que pour l'instant, les Américains sont majoritairement opposés (59 %) à une intervention militaire en Syrie, selon un sondage publié mardi par le Washington Post et le réseau ABC, réalisé auprès de 1012 répondants et ayant une marge d'erreur de 3,5 %.

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Québec a également goûté à la médecine des collusionnaires

Le reportage de Catherine Kovacs

L'ancien vice-président génie urbain et transport chez Tecsult pour l'Est du Québec reconnaît que des firmes de génie ont fait de la collusion pour se partager des contrats attribués par la Ville de Québec. Les travaux de la commission ont cependant été ajournés avant que les noms des firmes impliquées soient révélés.

Un texte de Bernard Leduc et François Messier

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Lire aussi : Collusion à Gatineau : les suspects habituels...

Patrice Mathieu a expliqué que la collusion a été une réaction des firmes aux conséquences de l'adoption de la loi 106, en 2002, qui a provoqué une guerre de prix en suscitant une concurrence accrue pour les mandats de la Ville, notamment de la part de firmes de Montréal.

Cette loi stipulait que les contrats de plus de 25 000 $ octroyés par les municipalités ne devaient plus être accordés de gré à gré, mais plutôt selon un système d'appel d'offres qui favorisait les plus bas soumissionnaires.

« J'ai jamais pensé que je faisais de la collusion vraiment... », a soutenu M. Mathieu, qui admet maintenant avoir conscience de ses gestes.

M. Mathieu a expliqué que c'est à l'occasion d'un appel d'offres lancé en octobre 2004 par la Ville de Québec pour cinq bassins de rétention pour la rivière Saint-Charles que des firmes ont pour la première fois fait de la collusion.

Seules six firmes avaient déjà de l'expérience dans de tels ouvrages et cela constituait un critère de sélection de la Ville, a expliqué M. Mathieu. La Ville posait aussi comme condition qu'une même firme ne puisse obtenir deux contrats.

Puisque chacune des firmes semblait donc certaine d'obtenir au moins un contrat, « on s'était parlé de ne pas couper les prix » pour ces cinq contrats, a-t-il dit, donc de ne pas se lancer cette fois dans une guerre de prix, ajoutant que les projets n'avaient pas été formellement répartis.

L'appel d'offres pour les cinq contrats a cependant été annulé puisque, selon le procureur Denis Gallant, des indices de collusion avaient été décelés. Québec a alors décidé de scinder l'appel d'offres en cinq et de les lancer en les espaçant de deux semaines, selon les recommandations du Bureau de la concurrence.

L'affaire n'a cependant rien changé lorsque le premier de ces contrats a été relancé, en juin 2005, puisque les firmes de génie aptes à soumissionner ont décidé d'aller de l'avant avec ce qui avait été convenu quelques mois plus tôt.

« On s'est dit la même chose : on a continué avec ce qu'on avait fait », a relaté Patrice Mathieu, avant d'expliquer que, cette fois, les firmes avaient clairement déterminé qui aurait chacun des contrats.

« Cette fois-là, on s'est parlé, on a fait une collusion. C'était la première fois. » — Patrice Mathieu

Pas de collusion sur des contrats du MTQ

Patrice Mathieu a par ailleurs affirmé que jamais Tecsult n'a tenté de faire de la collusion avec d'autres firmes sur des contrats du Ministère des Transports du Québec (MTQ).

Il a soutenu qu'il serait, à son avis, difficile de le faire puisque le MTQ évalue les réponses à ses appels d'offres en fonction de critères techniques, et non en fonction de la règle du plus bas soumissionnaire. Les firmes ne peuvent alors pas s'entendre pour se partager les contrats en ajustant leurs prix entre eux.

« Je ne dis pas que c'est impossible, mais je ne l'ai jamais fait », a-t-il soutenu.

M. Mathieu, longtemps actif au sein de l'Association des ingénieurs-conseils du Québec (AICQ), a fait valoir que ce regroupement critique depuis longtemps la loi 106 pour lui préférer l'implantation d'un système d'attribution des contrats fondé sur des critères techniques.

L'ex-vice-président chez Tecsult croit que « la loi 106 a été mis là pour dépolitiser le municipal ».

Avant la loi 106, rappelle-t-il, les firmes s'impliquaient dans les élections municipales, à Québec et Sainte-Foy, car les contrats de génie étaient accordés de gré à gré par les Ville. Les coups de mains des firmes aux élections étaient monnaie courante.

M. Mathieu a travaillé chez Roche de 1985 à 1996 avant de rejoindre Tecsult, où il sera vice-président génie urbain et transports pour la Ville de Québec, ses banlieues, ainsi que l'est du Québec.

Il restera au sein de la firme après la prise de contrôle d'AECOM et quittera seulement en mai 2012.

Les témoignages de MM. Gélinas et Mathieu constituent vraisemblablement un intermède avant de passer à un autre volet, possiblement l'infiltration des syndicats par le crime organisé, tel que promis par Sonia Lebel.

On sait en effet que la journée de jeudi sera consacrée à débattre de différentes requêtes en ordonnance de non-publication, notamment sur les témoignages d'une dizaine de témoins qui doivent être entendus entre le 9 et le 19 septembre. De telles requêtes sont habituellement déposées en raison de procès à venir.

Étant donné qu'aucun procès majeur pour collusion ou corruption concernant Gatineau ou de Québec ne pointe à l'horizon, on peut déduire que ces témoins ne viendront pas parler de Gatineau ou de Québec, et que la commission passera très rapidement à autre chose. François Messier


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Charte des valeurs : le ministre Drainville expose ses principes

L'entrevue réalisée par Céline Galipeau avec le ministre Drainville

Le gouvernement péquiste va déposer la semaine prochaine sa Charte des valeurs québécoises. Sans en dévoiler le contenu, le ministre responsable du dossier, Bernard Drainville, affirme que cette charte aura deux objectifs : baliser les demandes d'accommodement et affirmer la neutralité de l'État.

Quels sont les principes qui le guident dans sa démarche? C'est ce que lui a demandé Céline Galipeau.


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Ariel Castro retrouvé mort dans sa cellule

Ariel Castro, reconnu coupable d'avoir enlevé, battu et violé trois femmes pendant 10 ans dans un quartier populaire de Cleveland, en Ohio, s'est enlevé la vie mardi soir, ont annoncé les autorités carcérales.

Le corps a été découvert pendu vers 21 h 20 heure locale dans sa cellule du centre correctionnel d'Orient, en banlieue de Colombus.

L'homme âgé de 53 ans a été transporté à l'hôpital après que le personnel médical du pénitencier ait tenté en vain des manoeuvres de réanimation cardiorespiratoire. Son décès a été constaté à 10 h 52.

Une enquête administrative a été ouverte par l'établissement correctionnel afin de déterminer les circonstances du suicide.

Ariel Castro, un ancien chauffeur d'autobus surnommé le « tortionnaire de Cleveland », purgeait une peine de prison à vie prononcée le 1er août.

Il avait plaidé coupable à près de 1000 chefs d'accusation pour enlèvement, viol et torture.

Gina DeJesus, 23 ans, Michelle Knight, 32 ans, et Amanda Berry, 27 ans, ont été libérées le 6 mai dernier. Une fillette de six ans, née d'un viol d'Amanda Berry, était avec elles. Les analyses ADN ont démontré que Castro en était le père.

Les trois femmes kidnappées sont disparues entre 2002 et 2004, alors qu'elles étaient âgées de 14, 16 et 20 ans.

Pendant son procès, Ariel Castro, d'origine portoricaine, avait tenté de plaider qu'il n'était pas un « monstre ». Le juge Michel Russo avait promis qu'il ne sortirait jamais de prison.


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Pharmaciens :les discussions reprennent mardi

Written By Unknown on Senin, 02 September 2013 | 16.21

Le reportage de Pascal Robidas

Les pourparlers entre le gouvernement du Québec et les pharmaciens propriétaires vont reprendre mardi. Les deux camps ne s'entendent pas sur la rémunération des nouveaux actes qui pourront éventuellement être posés par les pharmaciens.

Les négociations sont rompues depuis jeudi, et des tractations ont eu lieu au cours de la fin de semaine. En principe, les nouvelles règles devaient s'appliquer mardi, mais devant l'impasse, Québec a repoussé leur entrée en vigueur.

La nouvelle Loi sur la pharmacie vise à favoriser un meilleur accès aux soins de santé de première ligne. La loi 41 permettra aux pharmaciens de poser certains gestes traditionnellement réservés aux médecins. Il peut s'agir, par exemple, de prescrire des médicaments pour le traitement de conditions mineures.

Or, le gouvernement doit payer les pharmaciens pour ces actes, mais Québec compte n'en couvrir qu'une partie par l'entremise de l'assurance médicaments, et ce n'est pas tous les Québécois qui y ont accès.

Québec fait aussi face à un autre problème. Si le gouvernement paye les pharmaciens, les omnipraticiens veulent être rémunérés pour les mêmes actes qu'ils assument pour l'instant gratuitement.

« Si [...] on verse 15 ou 30 $ à un pharmacien pour renouveler une prescription, c'est sûr qu'on va demander d'avoir un traitement équitable, qu'on puisse avoir la même rémunération parce que, à ce moment-ci, on n'est pas payés pour le faire. » — Dr Louis Godin, président, Fédération des médecins omnipraticiens du Québec

L'Ordre des pharmaciens s'impatiente

Déçue de la tournure des événements, la présidente de l'Ordre des pharmaciens du Québec, Diane Lamarre, presse le gouvernement et l'Association des pharmaciens propriétaires de conclure rapidement une entente.

Elle estime que les parties ont une obligation morale envers la population d'arriver à un accord rapidement. Elle ajoute que, chaque jour où la loi n'est pas en vigueur, est un jour de trop où des Québécois attendent encore pour obtenir des soins de santé dont ils ont réellement besoin.

« Ce n'est pas une négociation qui vise seulement deux parties, il y a directement des impacts sur la population. On presse les deux parties d'y accorder toute l'importance et l'urgence qui en découlent, car la population est pénalisée. » — Diane Lamarre, en entrevue sur les ondes du Réseau de l'information

Mme Lamarre rappelle que, lorsque la loi a été adoptée à l'unanimité à l'Assemblée nationale en décembre 2011, les députés ont demandé qu'elle entre en vigueur rapidement.

L'Ordre des pharmaciens exhorte les parties à faire les compromis nécessaires pour que la population puisse avoir accès à court terme aux nouveaux services des pharmaciens.

L'Institut de la statistique du Québec révélait récemment que 30 % des personnes qui se présentent à l'urgence d'un hôpital savent que leur condition ne nécessite pas l'accès à cette ressource, mais qu'elles n'ont aucune autre façon d'obtenir des soins rapidement.

L'Association des pharmaciens propriétaires du Québec et le ministère provincial de la Santé n'ont pas voulu commenter.


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Geste haineux à la mosquée de Saguenay

Le reportage de Mélissa Savoie-Soulières

Exclusif - Une substance qui semble être du sang de porc a été versée sur la façade de la mosquée de Saguenay, samedi soir. Une lettre contenant des propos haineux a aussi été laissée sur les lieux.

Une lettre comme celle laissée à la mosquée a été envoyée à Radio-Canada. Le message contient de nombreux propos islamophobes. « Cette mosquée est baptisée avec du sang de porc frais du Québec », « intégrez-vous ou rentrez chez vous », et « non à l'islam » peut-on notamment y lire.

Même si les responsables de la mosquée ont refusé de porter plainte, les policiers ont ouvert une enquête. Ils considèrent l'acte de vandalisme et la lettre comme un geste haineux de nature raciale et une incitation publique à la haine.

Cet acte de vandalisme survient alors que le débat sur la charte des valeurs québécoises fait rage. C'est pourquoi la Sécurité publique prend la situation au sérieux.

On ne sait pas pour le moment s'il s'agit de l'oeuvre d'un groupe ou d'un seul individu.

Les autorités enquêtent et vont augmenter la surveillance autour de la mosquée.

Le ministre responsable du projet de charte des valeurs, Bernard Drainville, a condamné le geste commis à la mosquée. « Au Québec, toute forme de violence doit être rejetée. Je condamne vigoureusement ce geste », a-t-il écrit sur son compte Twitter.


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